Datakalab dans La Gazette des communes

L’expérimentation de la détection du port du masque via les caméras de vidéoprotection mise en place la ville de Cannes et la RATP a été suspendue. La Cnil estime que le dispositif permettant aux usagers d’exprimer leur consentement – faire non de la tête pour signifier leur refus – est insuffisant.



Dans son dernier rapport, la Cnil avait émis des alertes et des recommandations face à la multiplication des dispositifs de vidéosurveillance développés avec la crise sanitaire. Parmi elles, la nécessité d’assurer aux usagers un droit d’opposition pratique et généralisable. Elle avait ainsi jugé que « faire non de la tête est une modalité d’opposition insuffisante et peu pratique ».


C’était pourtant la seule possibilité offerte aux usagers qui passaient devant une caméra détectant le port du masque de signifier leur refus de traitement de leurs données. Résultats, les deux expérimentations menées par la RATP, et par la ville de Cannes ont été stoppées.


Pour rappel, Cannes avait équipé ses caméras de vidéosurveillance avec ce logiciel mis au point par la start-up parisienne Datakalab dans les transports en commun et dans trois marchés. La RATP avait décidé de l’expérimenter à Châtelet-les-Halles pendant trois mois en équipant douze caméras. L’objectif étant de détecter le port du masque et de comptabiliser en temps réel les personnes qui le porte ou non dans les espaces concernés grâce à un algorithme « qui n’effectue aucune analyse ou calcul des caractéristiques du visage, mais procède par comparaison d’une image témoin, précise la RATP. Cet outil d’aide à la décision pourrait permettre de mener des actions de sensibilisation auprès des usagers pour les inciter aux respect des règles sanitaires. Cette expérience n’a aucune finalité de verbalisation et les voyageurs sont informés à travers une campagne d’affichage. »


« Seulement sur pause »


« Notre dispositif est seulement sur pause », relativise Franck Tapiro, cofondateur de Datakalab. « La Cnil a validé notre technologie sur tous les points concernant la protection des données personnelles, souligne-t-il. C’est le consentement qui est en cause. Elle nous a simplement demandé de travailler sur un autre droit d’opposition. Nous avons donc décidé de suspendre le dispositif le temps de le perfectionner. »

Contactée par la Gazette, la mairie de Cannes a précisé que « l’expérimentation a pris fin depuis dix jours », sans donner plus de détail. De son côté, la RATP confirme qu’il est question d’une décision temporaire, « afin de compléter le dispositif tel que demandé par la Cnil ». Datakalab affirme que des alternatives pourraient être proposées à la Cnil dans les prochains jours.


Lien pour lire l'article : https://www.lagazettedescommunes.com/684967/les-cameras-detectant-le-port-du-masque-mises-sur-pause/

PUBLIÉ LE 23 JUIN 2020